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sun & moon | Théodora
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Rédigé le Mar 27 Nov - 19:56
sun & moon

   
Encore tout imprégné de ce surprenant épisode que fut son escapade nocturne de la veille, Rolf déboula dans la cour intérieure le cœur en trombe. De son souffle court, on aurait pu croire que le jeune Poufsouffle venait de courir un véritable marathon. Et c'était la main posée sur l'un des nombreux poteaux de pierre du préau, que Rolf passa sa langue sur ses lèvres sèches de n'avoir que peu dormi, tandis que son regard plissé, se mit à sonder la foule d'élèves. Il cherchait quelqu'un. Quelqu'un d'important. Une amie. Théodora. Son nom se répétait, roulait hors de sa bouche à demi-close en petits chuchotements. Théodora... Théodora. Rolf se devait de la trouver, là, maintenant, comme si sa vie en dépendait. Oh non pas de peur de clarifier ce qu'il avait vu cette nuit-là, non... car ce qui habitait le jeune Dragonneau n'été en aucun cas de la frousse, mais plutôt une sincère inquiétude pour la Serdaigle. Une angoisse qui le bouffait de l’intérieur depuis qu'il l'avait vu, elle, dans l'ombre du sous-bois.

Le souvenir était encore si vif, et ça n'avait pourtant duré que quelques secondes... mais quelles secondes...!

Un peu à couvert, pieds encore cloués à l’orée des bois interdit. Un instant, Rolf avait hésité entre sortir sa baguette et s'approcher, dictait par sa curiosité. Il n'eut l'occasion de faire ni l'un ni l'autre. Un craquement de branche, un rayon de lune, et le garçon découvrait pour la première fois Théodora, plantée là, comme une marionnette que l'on agite...les yeux brillants d'une sauvagerie primaire. La trouille avait sans doute saisi le visage de Rolf, lui liquéfiant la figure, l'espace d'un court instant, pour mieux se métamorphoser en quelque chose de nouveau, que Rolf lui-même n'aurait su nommer. Une chose est sûre, à cet instant précis, le Poufsouffle n'avait osé cligner des yeux. Il l'avait fixé, longuement et d'une si belle manière que même la dangerosité de la rencontre, qui pourtant lui avait tiraillé les tripes et le cerveau à l'en faire trembler, ne sut le faire reculer. C'était son amie, comment aurait-il pu ? Pour Rolf, ils avaient tous les deux été comme des somnambules égarés au croisement de deux cauchemars. Et sous le couvert d'une lune aussi ronde qu'un cognard, le poil tout hirsute, Thea avait alors eue sous le cuir un jeu de muscles difformes, nerveux et frémissant. Elle avait eu le râble à vous en faire pâlir un simple loup, une échine osseuse qui s'était bombée à plus d'un mètre du sol, et une gueule... On avait aucun mal à s'imaginer comment ce piège à viande, aux dents démesurées et aussi pointues que des poignards, pouvait, si elle se retournait, croquer un sorcier comme simple biscuit. Rolf le premier.

Et pourtant, il était là, dans la cour, affolé à l'idée de l'avoir loupé avant que les cours ne commencent. Puis il l'a vu. Au loin, sa tête brune, parmi une dizaine d'autres. Il bondit par-dessus le muret de pierres, s'écorchant le mollet, déchirant légèrement son uniforme. L'agitation sûrement, un peu de maladresse aussi. Il se fraya un chemin jusqu'à elle, et avec un souffle saccadé, tenta de l'interpeller.

« Théodora...! Enfin.. Théa... Désolé, j'ai encore un peu de mal à t'appeler comme ça... Lâcha Dragonneau suivit d'un petit rire embarrassé. Il redressa ensuite ses yeux, ajusta un tendre sourire et enveloppa la Serdaigle d'un regard triste mais déterminé, un regard sans âge et pur. « T-tu as un moment à m'accorder ? dit-il simplement, réajustant la sangle de son sac sur son épaule.
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Théodora Claire
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Rédigé le Mar 27 Nov - 23:56
sun & moon

   
Comme à chaque lendemain de pleine lune, Théodora était un peu fatiguée et s’était habillée plus que d’habitude à cause des réminiscences de sa transformation de la veille. Elle avait essayé d’obtenir une dispense pour les premiers cours de la matinée qui avait été refusée catégoriquement par le directeur de l’école. C’est alors une élève fatiguée qui arpentait les couloirs et les différents préaux pour se rendre jusqu’à sa classe, même si l’envie ne lui manquait pas. C’était plutôt… l’énergie qui lui manquait. Elle s’était un peu maquillée, avait spécialement bien lissé ses cheveux et ne les avait pour une fois pas ramenés en arrière. Cette année, elle s’était décidée à plus prendre soin d’elle et tenter de reprendre confiance en elle, car elle avait bien eu la preuve que ses amis l’acceptaient et ne l’abandonneraient pas. Même si elle en avait peu, ils étaient de grande qualité. Et ceux qui ne savaient pas, étaient probablement bien lotis dans leur ignorance pour le moment.

Théa s’assit sur un banc dans la cour intérieure, et observa les élèves passer, le sourire aux lèvres. Elle appréciait observer les allées et venues des élèves excités de commencer cette nouvelle année. Particulièrement les nouveaux élèves, qui semblaient bien trop heureux d’être là, ce qui lui fit chaud au cœur, mais malheureusement elle ne s’y retrouvait pas. Sa première année avait été isolée, seule et bien triste comparé à ce qu’elle voyait ici. Elle aperçut un tout petit Poufsouffle probablement de première année aussi, un sourire innocent mais contagieux aux lèvres, qui courait seul mais semblait s’amuser par sa propre compagnie. Instantanément, ses pensées se tournèrent vers Rolf, et elle se plongea dans ses pensées. Depuis leur rapprochement de l’année passée, elle se sentait sombrer bien bas, dans les tréfonds d’un sentiment qu’elle ne connaissait pas, ce qui l’effrayait profondément. Mais c’était un sentiment bien plus plaisant que ceux qu’elle connaissait. Pour la première fois de sa vie, elle ressentait quelque chose qu’elle apparenta à de l’amour, mais quelque chose de très innocent. Mais Rolf faisait partie de ses amis proches qui n’étaient pas au courant, ce qui rendait leur relation doublement plus impossible, ajouté à cela le fait qu’elle ne l’attirait sûrement pas. Le problème avec certaines jeunes filles de dix-sept ans et particulièrement Théa, c’est ce sentiment de manque d’affection qui les frappe. Ce n’est pas qu’un truc de moldu, et ça ne s’arrange pas avec un simple sort.

Après quelques instants de rêveries qui la rendirent triste à nouveau, elle se releva et enfila son sac à dos, se noyant dans une mare d’élèves qui s’attroupaient près de la fontaine du milieu. Elle se faufilait quand sa voix l’interpella. Et immédiatement, comme à chaque fois qu’elle le voyait ou l’entendait, elle se retourna et le regarda en souriant. Mais son regard était peut-être un peu trop expressif de sa joie et des autres sentiments qui émergeaient quand elle le vit : tristesse et profonde affection.

« Théodora ! Enfin… Théa… Désolé, j’ai encore un peu de mal à t’appeler comme ça… » dit-il en riant, gêné. Ce petit rire. Ce petit « Théa » lui fit rater un battement de cœur. Elle ne put s’empêcher de rire doucement à son tour, rougissant. Il est vrai qu’il n’était pas vraiment habitué à l’appeler par son surnom. Pour Théodora, les prénoms ont une grande signification. Si on l’appelle par son prénom en entier, c’est qu’on n’est pas proche avec elle. Si on l’appelle Théa, c’est qu’on l’est, et surtout qu’elle les a autorisés à le faire. Et elle avait mis un certain temps à autoriser Rolf, par peur de trop s’attacher à lui. Mais il était bien trop tard pour ça de toute façon. Elle baissa les yeux pour le détailler, comme à son habitude, et remarqua que son uniforme était déchiré et cachait une éraflure. Elle ne put s’empêcher de rire un peu plus en le voyant, pensant à une maladresse de sa part qui lui aurait valu quelques gouttes de son sang. Ensuite, il bégaya. « T-Tu as un moment à m’accorder ? »
Théodora n’était vraiment pas douée en amitié, mais elle savait que les phrases de ce genre ou « il faut qu’on parle » étaient de mauvais augure et se mit à stresser, trifouillant le bout de ses manches, les yeux rivés au sol après l’avoir détaillé.

« Rolf ! Petit chat tu t’es fait mal… Qu’est-ce que t’as fait encore ? » dit-elle en relevant les yeux, se noyant dans son regard triste, elle en perdit son petit rire innocent. « Je… Oui, on peut parler… Tant pis pour les cours, j’ai le sentiment que c’est important. »

Quelque chose n’allait pas. Elle lui prit la main et l’entraîna de l’autre côté de la cour, loin de la foule. Théa se surprit à lui serrer anormalement la main, sûrement une tentative inconsciente de le rassurer, et sûrement de se rassurer elle même par son toucher. Elle se tourna vers lui et lui sourit, essayant de paraître en confiance face à lui. Mais c’était peine perdue. Son cœur battait la chamade.

« Qu'est-ce qui se passe..? »

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Rédigé le Jeu 29 Nov - 17:01
sun & moon

   
Rolf n'osait la lâcher trop longtemps du regard, peur de la voir s'envoler, de trouver excuse – bonne ou mauvaise – pour s'évader. Alors il y revenait, encore et encore, en mouvement de tête discontinue. Tantôt regard sur le sol, tantôt dans l'abysse de ses yeux. Quand il en avait suffisamment le courage, il l'observait longuement, détaillant les traits de son visage. Il discerna de la fatigue derrière son maquillage, comme on surprend la décoloration souvent subtile d'un plumage d'hippogriffe. Tant bien même Rolf aurait pu rester là à la regarder des minutes durant, sans dire le moindre mot, Théodora brisa ce début de silence d'une voix fluette, amusée au vue de l'uniforme légèrement déchiré du Dragonneau. « Rolf ! Petit chat tu t’es fait mal… Qu’est-ce que t’as fait encore ? Jusqu'à tomber sur les prunelles atterrés du Poufsouffle. Sa voix craqua, se brisa un peu. Rolf ne put échapper à cette chute d'émotions qui lui saisirent le cœur quand il vit dans les yeux de son amie sa joie fondre. « Je… Oui, on peut parler… Tant pis pour les cours, j’ai le sentiment que c’est important. Rolf lui sourit, tout simplement. Sans un mot, juste en un jeu de regards, de clignement d'yeux transmuaient en tendresse, il se laissa guider un peu plus loin, la main de la Serdaigle s'étant saisie de la sienne.

En petite pression de doigts, Rolf comprit que ça ne serait peut-être pas si facile d'aborder le sujet. Pour lui, ce n'était en rien un problème, ces histoires de poils et de crocs, du moins, pas comme les autres l'entendaient. Il n'avait pas peur, ni même n'était-il dégoutté de sa nature lycanthropique. Loin lui en fallait à celui-là. Non, lui n'y voyait là qu'une énième facette de Théodora tout aussi précieuse que toutes les autres, autant curieuse que fascinante. Sans doute était-il bizarre de résonner ainsi, à sourire devant ce que le reste du monde redoutait et craignait. Mais qu'importe. Théodora était son amie et c'est tout ce qui comptait vraiment. De ce fait, la Serdaigle aurait très bien pu être un vorace dragon que cela n'aurait rien changer aux yeux du jeune Dragonneau. Elle était chère à ses yeux et jamais il ne l'abandonnerait. Jamais.

La jeune femme serra alors ses doigts sur ceux du jeune homme, et d'un petit regard en contre-bas, Rolf s'appliqua du pouce à lui caresser le dos de la main. Geste attentionné et délicat qui, il l’espérait, aurait pour but de détendre Théodora. « Hier soir, commença-t-il alors en relevant ses yeux sur elle. Rolf songea à lui attraper son autre main pour y entrelaçaient leurs doigts, terrifiait à l'idée qu'elle prenne la fuite... mais le concept même d'avoir leurs deux mains entrecroisées le mit mal à l'aise. Il hésita longuement à achever sa pensée, mais s'y abstint. « J-je t'ai vu dehors, sous la lune. Toute vêtue de son manteau de bête, au pelage d'un ébène pur, Theodora lui était apparue toute sauvage et magnifique. À ce souvenir, il esquissa un rictus particulier, emplis d'une sincérité qu'on ne connaissait que trop bien chez le petit fils Dragonneau. Cela devait être un si grand secret à porter et pourtant... pourtant Rolf osait en parler comme si de rien n'était, d'une légèreté insolite. Il osait parce-qu’il s'agissait d'une  amie. Il osait parce-qu’elle était importante. Il osait parce-que malgré tout ça, elle restait la même. « Tu étais très belle et je voulais que tu le saches Theod- Thea... Il croqua sa lèvre inférieure face à son inattention et remonta sa main libre derrière sa nuque, de nouveau embarrassé de s'être planté. « Thea. qu'il répéta ensuite naturellement, tout sourire, sentant le besoin de le redire, comme pour graver le surnom dans son esprit, et ainsi être sûr de ne plus jamais se tromper.

Il l'avait dit. De façon maladroite, certes, mais c'était la seule manière qu'il avait trouvé pour lui faire comprendre que maintenant, il savait et que pour lui, cela ne changeait rien.
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Théodora Claire
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Rédigé le Jeu 29 Nov - 22:41
sun & moon

   
Alors qu'ils allaient pour s'isoler, Rolf fixait Théa, comme pour garder un œil sur elle, la surveillant de près. Cela l'inquiétait encore plus, comme si quelque chose n'allait vraiment pas. Il avait vraiment l'air inquiété par quelque chose. Une fois regardant la jeune fille, d'autres le sol, d'autres ailleurs, les yeux vifs et soucieux. Alors que leurs mains se tenaient, Théodora refusait catégoriquement de lâcher sa main. Car si elle le faisait, elle s'enfuirait, et le laisserait là, seul. Pour la première fois de sa vie, elle essayait de guider ses relations. Elle lui avait pris la main. Elle l'avait entraîné dans un coin calme pour discuter. Et il se laissait faire.

Arrivés à destination, elle ne s'assit pas, et lui non plus. Ils se tenaient juste devant ce banc, à se regarder un peu perdus. Le regard de la jeune fille avait rapidement mué - de joie à angoisse - et il était désormais neutre, presque triste, par peur. Peur d'être abandonnée. Peur de devoir abandonner. Peur d'être découverte. Peur d'avoir des sentiments. Peur d'être aimée pour de vrai. Elle ne savait plus quoi penser, mais Rolf savait comment la mettre plus à l'aise. Il serrait aussi sa main, caressant le dos de celle de sa camarade avec son pouce. Elle avait du mal à garder leurs regards connectés, car le Poufsouffle ne pouvait s'empêcher de regarder le sol, et cela faisait vraiment peur à la jeune fille. Qu'est-ce qui pouvait le gêner autant?

« Hier soir... » commença-t-il. Non. C'est impossible. Elle fit le lien immédiatement. Non, non, non, non. Elle se mordit la lèvre afin de retenir les larmes qui embuaient ses yeux de tomber. Elle n'avait pas fait attention, et voilà qu'un de ses amis les plus innocents avait appris ce qu'elle était. Elle ne doutait pas vraiment que Rolf l'accepterait, car il était bien trop ouvert d'esprit. Mais elle avait juste peur que leur relation change, qu'elle devienne plus superficielle. Elle secouait la tête, sans fermer les yeux pour éviter que les larmes ne dévalent ses joues empourprées par le froid, accessoirement son maquillage allait couleur. Ce qui n'était pas forcément grave au fond. Mais il fallait éviter. « ... j-je t'ai vu dehors sous la lune... » continua-t-il. Elle détourna le regard immédiatement. Il l'avait vue déformée par la transformation, les os brisés... toutes ces atrocités. Elle s'efforçait à garder la main de Rolf dans la sienne, tremblante, se mordant toujours la lèvre dans une tentative désespérée d'empêcher les pleurs d'arriver. « Tu étais très belle et je voulais que tu le saches Théod- Théa... Théa. » Il s'était mordu la lèvre et caressé la nuque, gêné, ce qui a failli la faire rire mais elle ne pouvait simplement pas. Mais il avait réussi à l'appeler Théa, d'une certaine manière. La jeune fille ouvrit la bouche, les yeux toujours embués.

« Non... Non, Rolf, je voulais pas que tu voies ça, je voulais pas que tu me vois comme ça, je voulais pas je... je suis désolée, » et c'est sur ces mots que sa voix se brisa et que quelques larmes quittèrent ses pupilles, sans qu'elle ne bouge. Elle mourrait d'envie de s'enfuir en courant, ou de l'enlacer tellement fort pour ne jamais l'autoriser à la quitter, mais elle n'en fit rien. Elle resta plantée là, à se laisser pleurer.
« J'ai du te dégoûter, j'ai du te faire peur... Je suis vraiment désolée... Tu devrais vraiment t'éloigner de moi, je voudrais pas te faire de mal... Je voulais pas que tu l'apprennes Rolf, pas comme ça, je suis vraiment... je suis désolée... Tu m'as vu me disloquer et mes os se briser, ne dis pas que tu m'as vue belle, c'est faux... »

Elle ne bougeait toujours pas. Elle venait de se briser le cœur elle-même, par son manque d'attention. Par sa bêtise. Par sa nature. Il semblait accepter, mais elle n'acceptait pas le fait qu'il sache. Qui voudrait envisager une relation avec une fille maudite?

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Rédigé le Lun 3 Déc - 22:59
sun & moon

   
La panique était née. Elle s'était formée sur les lignes du visage de Théodora et le Poufsouffle n'avait eu qu'a bien regarder son nez se tordre et ses lèvres se renfermer pour comprendre que la peur était là. Du regard aux tremblements de ses mains, Rolf l'avait senti, l'avait vu, l'effroi se peindre en cascade décolorée sur ses joues pourpres. Ses émotions bifurquaient, divergeaient d'un point à un autre. Le jeune homme avait du mal à les suivre, à les saisir, les comprendre alors qu'elles s'entrechoquaient dans le noir de ses yeux. Théodora savait et ça l'effrayait plus que tout. Il est vrai que Rolf aurait pu s’arrêter là, donnant de nouveau naissance à un lourd silence qui aurait laissé les deux adolescents en peine de mot. Mais il avait continué, il avait développé phrases et sens avec confort et une habilité de Dragonneau. Tout n'avait été que vérité sur ses lèvres et il n'hésiterait pas à se répéter.

« Non... Non, Rolf, je voulais pas que tu voies ça, je voulais pas que tu me vois comme ça, je voulais pas je... je suis désolée.. Ne pas voir quoi ? La transformation ? La douleur ? Oui c'est vrai que ses muscles s'étaient tirés à hue et tirés à dia pour émerger de la nuit sous une forme lupine. Que ça avait craqué de tous les côtés. Que ça avait joué un écho torturé, qui ce matin encore, raisonnait dans l'esprit du garçon. Mais Rolf était là. Juste là, à lui tenir la main. Main qui pourtant sous lune devenait patte griffue, patte chasseuse...patte tueuse.

Et c'est dans cette même main qu'il y faufila ses doigts en caresses de phalanges. Théodora n'avait pourtant pas bougé, mais pour une raison qui échappait au sorcier, il l'avait comme senti s'effacer, disparaitre, l'espace d'un seul instant qui lui paru être une éternité. Une impression qui l'avait poussé à agir à l'instinct. Rolf ravala d'ailleurs un « Reste... » qui aurait davantage imagé son envie de l'avoir là, tout près de lui.

C'est alors les mains unies, que la Serdaigle et le Poufsouffle se fixèrent longuement. Puis vinrent les larmes. Sans doute Rolf aurait-il pu les prédire, s'y préparer et pourtant, les voir ainsi, couler le long de ses joues eut le déplaisir de l'atteindre en plein cœur. Flèches de sel, émotives, qui transpercent, qui déchirent. Il sent à son tour des sanglots l'envahir mais les refoula en fixant les yeux de Thea, écoutant attentivement chaque syllabe, chaque mot qui suivirent. « J'ai du te dégoûter, j'ai du te faire peur... Je suis vraiment désolée... Tu devrais vraiment t'éloigner de moi, je voudrais pas te faire de mal... Je voulais pas que tu l'apprennes Rolf, pas comme ça, je suis vraiment... je suis désolée... Tu m'as vu me disloquer et mes os se briser, ne dis pas que tu m'as vue belle, c'est faux... Il serra sa main d'une force qu'on ne lui soupçonnait pas, blessé de l'entendre dire qu'il devrait s'éloigner. « N-ne dis pas ça Théa. Il s'y refusait, catégoriquement. Lui qui l'avait trouvé si belle sous son voile animal...Lui qui en avait si peu dormi de la nuit, inquiet de savoir les ressenties de son amie. Il avait ressassé la rencontre, encore et encore, pour dessiner mille et un croquis de louve noire, de Théa. Et de ces vingt dessins il ne restait toujours qu'un tendre sentiment affectif envers elle. « Tu as l'air si sûre de toi... Rolf claqua sa langue contre son palais et baissa les yeux, affichant un sourire meurtri. Un petit souffle nerveux vint percer ses lèvres, tandis que sa main libre hésitait à venir s'emparer de celle de Théodora. Elle était tendue en avant, sans pour autant l'atteindre, ni même l'effleurer. « J'aimerais te donner raison, vraiment...je... Thea... si ça pouvait te rendre heureuse... de te dire que... que tu me dégoutes - Rien que de le dire, de sentir ce mot glisser de sa gorge, de simplement s'imaginait révulsé face à la Serdaigle lui arracha un haut les cœurs. Inconcevable. Alors d'un coup d'un seul, Rolf releva les yeux, sourcils froncés de sérieux. - mais ça serait mentir, et je ne suis pas quelqu'un qui ment. Et de ces mots s'en vint un mouvement de main vers sa joue où larmes continuaient de perler. Du pouce, il en récolta une et lui offrit un autre de ses tendres sourires. Main encadrant son visage, Rolf se contenta de la regarder maladroitement affectueux. Mille mots lui traversèrent l'esprit et pourtant il n'en prononça aucun se plaisant dans l'idée que ce silence voulait tout dire.
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Théodora Claire
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Rédigé le Mer 12 Déc - 5:04
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Théodora était pétrifiée à l'idée d'être confrontée à quelqu'un, qui plus est Rolf, ayant été témoin d'une telle horreur qu'est la transformation. Ce qui la terrifiait encore plus, c'était la suite de la conversation. Des larmes ruisselaient sur ses joues, jusqu'à ses lèvres, jusqu'à son menton, et son visage fut très rapidement trempé. Son corps tremblait, pris de spasmes liés à l'envie de fuir et de courir, ce qu'elle allait faire au moment ou le Poufsouffle laça leurs doigts entre eux. Elle baissa la tête, fixant leurs deux mains jointes, l'autre ballante. La respiration de la jeune louve se fit saccadée à cause des sanglots qu'elle ne pouvait contrôler, son visage crispé, les mains serrées. Elle le sentait la fixer alors qu'elle pleurait toutes les larmes de son corps, et elle essayait pourtant de s'en empêcher mais c'était impossible. Les larmes étaient surtout motivés par l'horreur qu'elle lui avait fait subir, mais aussi par la peur de l'abandon. Personne ne l'avait abandonnée à proprement parlé, mais elle en était terrifiée car ce serait toute réaction logique venant d'un sorcier en bonne forme ayant une once d'instinct de survie. Alors que les larmes continuaient de couler à flots, le jeune homme répondit, et au fur et à mesure qu'il parlait sa voix se brisa.

« N-ne dis pas ça Théa. Tu as l'air si sûre de toi... J'aimerais te donner raison, vraiment...je... Théa... si ça pouvait te rendre heureuse... de te dire que... que tu me dégoûtes - mais ça serait mentir et je ne suis pas quelqu'un qui ment, » et sur ces derniers mots qui vinrent bousculer le coeur de la jeune fille, le jaune vint essuyer une larme sur la joue de sa camarade. Elle inclina la tête instinctivement sans s'en rendre compte, ressentant son mouvement comme une caresse réconfortante, sûrement réminiscences de ses instincts lupins. Elle leva les yeux et émit un petit son inhumain mais semblable à un petit chiot qui quémande, et fit rassurée par le sourire chaleureux de Rolf. Il était encore là. Et elle n'avait même pas pris le temps de se dire qu'il aurait juste pu l'ignorer ou partir immédiatement. Ce regard plein de sens mais silencieux la réconforta quelque part, mais ses doutes prirent le dessus. Elle ne voulait pas continuer à le contredire ou à essayer de le dégoûter car elle finirait par vraiment le faire, alors elle se contenta de se rapprocher un peu plus et de passer son bras autour de son cou pour l'enlacer, et dans un souffle faible elle lui murmura près de l'oreille ne m'abandonne pas, je t'en supplie, alors que ses larmes continuaient de perler et venaient s'écraser sur l'épaule de son précieux ami.

Son bras libre l'entourant, elle le serra avec une affection qu'elle n'avait jamais connu, rendant probablement l'accolade gênante, mais nécessaire. Elle continuait de chuchoter frénétiquement la même phrase, ne m'abandonne pas, alors que leurs mains entrelacées se serraient toujours plus. Elle finit par fermer les yeux, répétant encore et encore sa demande, serrant son uniforme avec son poing. S'il te plaît...

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